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Chorus_Mob : Pirates au quotidien ... (videobloggé)

Le Chorus Mob sur répondeur



Le saviez-vous ?
Vous êtes passible de 3 ans de prison et de 300 000€ d’amende si vous chantez une chanson protégée sous copyright dans un lieu public…

Ainsi vous voilà hors-la-loi dès que vous chantez en vous baladant dans la rue, dans le train ou tout simplement au supermarché en faisant vos courses ! Bref, on a tous été pirates à un moment ou un autre, sans forcément le savoir (sans compter bien sûr ceux qui téléchargent, qui photocopient, qui gravent…).
C’est pourquoi aujourd’hui, chantons ensemble, pirates que nous sommes tous, pour lever le voile sur l’absurdité des discours médiatiques véhiculés par l’industrie du disque.

Et surtout pas d’inquiétude, ceci n’est ni une manifestation ni un chant protestataire mais une performance ayant pour seul objectif de mettre l’accent sur une aberration qui nous concerne tous.

Manifeste


Actuellement, les médias et les pouvoirs publics véhiculent des discours manichéens, en opposant les méchants consommateurs « pirates » aux pauvres victimes que sont les gentils auteurs et industriels de la musique. Ces discours de propagande nous semblent excessifs et reflètent une société de plus en plus capitaliste !
Dans le but de justifier leur position, ils ne cessent de mettre en avant la loi sur la propriété intellectuelle qui soulève de nombreux paradoxes…

Notamment, la loi sur le droit de divulgation et de représentation qui place l’auteur comme seul et unique possesseur de son œuvre, et donc de la culture en général.
L’auteur a seul le droit de divulguer son œuvre. Il conserve ce droit même s’il a cédé la propriété matérielle de l’objet qui sert de support à son œuvre. Ce droit est discrétionnaire. Après le décès de l’auteur, ce droit est exercé par les ayants droits : exécuteurs testamentaires, les descendants, le conjoint, les légataires universels ou donataires universels.
Art. L.122-2 La représentation consiste dans la communication de l’œuvre au public par un procédé quelconque, et notamment : la récitation publique ; l’exécution lyrique ; la représentation dramatique ; le représentation publique ; la projection publique…
Cette loi entrée en vigueur il y a une dizaine d’années, fut créée dans le but d’établir un équilibre entre l’industrie culturelle, les auteurs et les consommateurs. La propriété intellectuelle se présentait alors comme la copropriété du créateur et de son public. En effet, il s’agissait d’un compromis entre leurs intérêts, entre le respect dû aux auteurs et la circulation des connaissances. Cependant, aujourd’hui, du fait de la numérisation et de la dématérialisation des supports, cet équilibre est désormais rompu. L’immatériel a tendance à prendre de plus en plus de place dans l’industrie culturelle, et nous assistons alors à une mutation profonde du capitalisme que nous résumons par le terme de capitalisme cognitif.

Le droit d’auteur, dans le capitalisme cognitif se transforme en droit au revenu garanti en échange de l’activité humaine, et non plus en droit au fruit de son produit. Il s’agit d’une activité humaine qui fournit non plus un bien ou un service vendable et consommable, mais un bien ou un service collectif.
Par voie de conséquence, on constate que la loi de représentation est devenue obsolète dans cette « net-economy » et que donc de nouvelles lois adéquates sont à mettre en place, dans un système d’échanges et d’abondance.
"Si la nature a fait une chose moins susceptible que toute autre d’être l’objet d’une appropriation exclusive, c’est bien l’action du pouvoir de penser, appelée une « idée ». Un individu peut l’avoir en sa possession exclusive aussi longtemps qu’il la garde pour lui ; mais dès le moment où elle est divulguée, elle se fraie un chemin pour être possédée par chacun, et ceux qui la reçoivent ne peuvent s’en dessaisir. Elle a un autre caractère particulier : c’est que nul n’en possède moins parce que tous les autres la possèdent en totalité. Qui reçoit une idée de moi reçoit de l’instruction sans que mon instruction en soit diminuée ; de même, qui allume sa bougie à la mienne reçoit de la lumière sans me plonger dans l’obscurité." Thomas JEFFERSON



L’industrie du disque en crise, au lieu de se remettre en question, par un discours de propagande redondant rejette la faute sur ses propres consommateurs. En effet, à l’heure où la R.I.A.A poursuit 261 particuliers aux Etats-Unis, la France, sur ce même principe, mène une guerre acharnée depuis plusieurs mois contre les téléchargements illégaux. Ainsi, on a vu apparaître des messages « à caractère informatif » qui mettent en garde sur les méfaits du piratage, comme au cinéma, sur les DVD, ou même sur les CD. Mais encore, toujours dans un esprit de propagande, un Guide de l’usage et de la sécurité des droits de propriété littéraire et artistique a été distribué dans les entreprises et les établissements scolaires. Cette opération résulte d'un partenariat entre le ministère de l'éducation nationale et des acteurs privés visant, selon François Fillon, à "construire les règles de prudence et de civilité qui s'imposent pour un usage confiant et responsable de l'Internet". hhhhhDe plus, les premiers procès contre les internautes se profilent, on compte 700 demandes d’identification d’abonnés pour poursuites à la contrefaçon et à la piraterie dont très récemment, ce 11 mai. Des procédures qui sont davantage un exemple qu’une réelle condamnation. D’autre part, l’industrie du disque n’est pas la seule à prohiber le P2P, certains artistes en font de même comme La lettre ouverte des chanteurs pour la défense de leurs droits inaugurée par Aznavour.

Tous ces discours et poursuites engagées ne sont pas forcément fondés, dans la mesure où les gros téléchargeurs sont la plupart du temps ceux qui achètent le plus de CD, DVD et autres objets industriels de la culture. Donc ces pirates qu’ils condamnent sont également leurs principaux consommateurs, ceux qui remplissent leurs caisses !!!
D’autre part, ils trouvent leur compte dans cette numérisation des supports avec l’apparition de plus en plus de sites marchands de téléchargements légaux sur le net.
Par ailleurs, Internet est né dans une perspective d’échange où chaque utilisateur partage connaissances et idées. C’est pourquoi, le capitalisme cognitif demeure inadéquat à la logique d’Internet, le don High Tech serait plus approprié.
« Les néo-libéraux pensent qu’Internet est un marché où l’information peut s’acheter et se vendre. L’ironie, c’est que rien de tout cela n’arrive sur Internet. Bien sûr qu’on peut utiliser l’Internet pour gagner de l’argent, mais sûrement pas en achetant et en vendant de l’information. Sur Internet, l’information est donnée, et les gens veulent donner leur information : il suffit de regarder les listes de diffusion, le nombre de JPEG, de MP3, de mails qu’on reçoit par jour. » Richard Barbrook

Ces discours excessifs et absurdes cantonnent chaque consommateur à une identité réductrice de pirate ; qu’ils soient téléchargeurs, photocopieurs mais également simples chanteurs du dimanche dans les espaces publics. En effet, comme l’explique Florent Latrive dans son livre Du bon usage de la piraterie, chacun de nous est pirate au quotidien et cela sans le savoir :
« Mais [chanter sous] la douche ? S’il y a bien « exécution lyrique » - ce qui est flatteur – on peut douter du caractère « public » des vocalises humides. A moins qu’un membre de la famille ou un camarade de passage ne s’avise de se brosser les dents dans la même salle de bain pendant cette séance musicale. Dans ce cas, la loi est claire : il y a bien communication d’une œuvre protégée au public, même si ce public est en l’occurrence une personne en robe de chambre, la bouche pleine de dentifrice et plutôt agacée de vous entendre étriller « Que je t’aime ». Vous voilà pirate, coupable de contrefaçon et susceptible d’être condamné à 3 ans de prison et 300000 euros d’amende.
Un cauchemar ? Heureusement il n’en n’est rien : le législateur, sans doute lui-même serin d’appartement, a prévu de borner le droit exclusif des auteurs. La loi précise bien que « Une fois l’œuvre divulguée », l’auteur ne peut interdire « Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ». Pas de panique non plus si aucun lien de sang ne vous lie au public en question, la formule délicieusement surannée « cercle de famille » s’entend depuis belle lurette comme englobant les amis, les proches ou les amants de passage. On relèvera que le législateur n’a pas la même permissivité pour ceux qui se hasarderaient à siffloter dans un lieu public. »

Vous est-il déjà arrivé de chanter en public, marchant dans la rue ou en faisant vos courses ? Dans ce cas, vous êtes comme nous, de véritables pirates du quotidien ; défiant la loi en toute impunité avec votre voix mélodieuse ou de casserole. Mais rassurez vous aucun chanteur du dimanche n’a encore jamais été plaqué au sol, menotté alors qu’il se promenait en public. Heureusement, dans ces conditions, cette loi n’est pas applicable et 60 millions de personnes ne se retrouveront pas en prison dans les années à venir pour ce motif. Malheureusement, elle existe tout de même et conserve toute son absurdité et les industriels de la musique ne manquent pas de l’utiliser dans leur discours anti-pirates.

C’est pourquoi, nous avons décidé, par le biais d’une performance de faire acte de désobéissance civile. Il nous est important de dénoncer pacifiquement l’oppression exercée par les majors du disque et la stupidité de certaines lois avant que cela ne s’aggrave. D’autre part, soulignons que notre performance s’inscrit au cœur de l’actualité, en effet, rappelons la jurisprudence des Choristes. Elle s’ancre dans la lignée des interventions d’autres collectifs notamment les différents embarras tactiques comme celui des Yes Men ou encore des Yippies en 1967. L’embarras tactique consiste à faire une action plus ou moins spectaculaire en ayant préalablement prévenu les médias par mail. Le but étant de déstabiliser les instances concernées afin qu’ils se ridiculisent eux même.
« Les journalistes aiment les histoires fun, tout comme nous. Plus une action est fun, plus elle sera médiatisée ». Yes Men

Reprenant le principe des Flashmobs : « foule éclair », regroupement de personnes qui ne se connaissent pas, se réunissent pendant quelques minutes pour accomplir au même moment une action dénuée de sens, puis se dispersent ; nous avons choisi de détourner ce concept en ChorusMob. Ainsi nous reprenons l’idée de « toile d’araignée » comme circulation d’information via Internet, les sms et le bouche à oreilles. De cela en découle une mise en scène épurée et relative pour garder le principe spontanéiste.
Nous avons choisi d’exécuter notre performance un samedi après midi sur la Grand Place de Lille afin de toucher le plus grand nombre de personnes. Par ailleurs, même les non-participants de notre action deviennent acteurs dans la mesure ou ils deviennent publics de notre chorale. Pour sensibiliser les promeneurs du samedi, un flyer, leur est distribué, expliquant notre démarche, les invitant à nous rejoindre. De plus les paroles de la chanson figurent au dos de ce flyer - n’étant pas connues de tous – renforçant notre acte de désobéissance civile.
La chanson interprétée appartient à Jean-Jacques Goldman, le seul artiste vivant entièrement de ses droits d’auteurs, il nous a donc semblé intéressant de le pirater. En outre, cet artiste est connu de toutes les générations confondues, ainsi celles-ci peuvent toutes participer à notre ChorusMob.
« Quand la musique est bonne » a été retenue parmi celles proposées par notre sponsor Kazaa comme étant la plus adéquate à notre démarche.

Enfin, dans le but de mettre en évidence l’amalgame fait entre les réseaux P2P tels que Kazaa ou Emule, et le téléchargement illégal ; nous allons mettre en libre échange et en toute légalité la vidéo de la performance sur ces réseaux.

Le lien vers le site du ChorusMob

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